
Planning crèche : construire le planning du personnel en 4 étapes, avec exemple et modèle

Un bon planning de crèche part des présences des enfants, pas des disponibilités des professionnelles. On calcule le besoin créneau par créneau, on le traduit en postes par section, puis on affecte les bonnes personnes. Voici la méthode en quatre étapes, un exemple pour une crèche de 40 places et un modèle Excel.
En bref
- Le planning se construit à partir du besoin : les enfants présents par créneau, convertis en professionnelles requises.
- Cinq contraintes se tiennent ensemble : encadrement, qualifications, contrats, amplitude et repos, équité.
- Le nombre de postes se décide aux extrémités de la journée, pas à midi.
- Exemple chiffré : 40 places, 10 postes par jour, 11 professionnelles, aucun créneau sous le taux.
- Un modèle Excel suffit pour une crèche stable. Il décroche dès que les absences s'enchaînent.
Qu'est-ce qu'un bon planning de crèche ? Les 5 contraintes à tenir en même temps
Un bon planning de crèche tient cinq contraintes à la fois, à chaque créneau. Quatre sont des règles : encadrement, qualifications, contrats et amplitude. La cinquième, l'équité, fait tenir l'équipe dans la durée.
Encadrement et qualifications : les contraintes réglementaires
Encadrement. L'article R2324-46-4 du Code de la santé publique laisse le choix entre deux règles. Soit un professionnel pour cinq enfants qui ne marchent pas et un pour huit qui marchent. Soit un professionnel pour six enfants. L'option figure au règlement de fonctionnement et s'applique aux enfants présents, à chaque instant. La méthode est détaillée dans notre article sur le calcul du taux d'encadrement en crèche.
Qualifications. Selon l'article R2324-43-1, au moins deux professionnels restent auprès des enfants. Au-delà de 24 places, l'un d'eux relève de la catégorie 1 : auxiliaire de puériculture ou EJE, par exemple. Cette règle se joue à l'ouverture et à la fermeture, quand l'équipe est réduite.
Contrats, amplitude et équité : les contraintes du travail
Contrats. Chaque professionnelle a une durée hebdomadaire et des jours travaillés. Le planning tombe juste sur la semaine, ou sur la période de votre accord d'aménagement du temps de travail.
Amplitude et repos. Le Code du travail impose 11 heures consécutives de repos quotidien. Il prévoit une pause d'au moins 20 minutes dès 6 heures de travail. La journée est plafonnée à 10 heures de travail effectif, sauf dérogation (article L3121-18). Votre convention ou votre accord peut prévoir mieux. Les roulements sont détaillés dans notre article sur les horaires de travail en crèche, l'amplitude et les pauses.
Équité. Les ouvertures et les fermetures se répartissent entre toutes. Chaque professionnelle reste dans sa section, pour les repères des enfants. Un planning conforme mais inéquitable se défait en quelques semaines.
Étape 1 : calculer le besoin heure par heure à partir des contrats d'accueil
Compter les enfants présents par section et par créneau
Partez des contrats d'accueil : jours, heures d'arrivée et de départ de chaque enfant. Ajoutez les réservations occasionnelles, retirez les absences connues. Découpez la journée en créneaux de 30 minutes, ou de 15 minutes pour plus de précision.
Un enfant compte dans le créneau où il arrive et dans celui où il part. Arrivé à 8 h 40, il compte dès 8 h 30. Avec la règle 1 pour 5 et 1 pour 8, séparez aussi les marcheurs des autres.
Convertir les enfants en professionnelles requises
Divisez les enfants qui ne marchent pas par 5, ceux qui marchent par 8. Additionnez, arrondissez à l'entier supérieur, puis appliquez le minimum de deux. Exemple : 5 bébés et 15 marcheurs donnent 1 + 1,875 = 2,875, soit 3 professionnelles.
Quand les sections fonctionnent séparément, calculez section par section : c'est la lecture prudente. En salle commune, calculez sur l'ensemble. Le total des créneaux donne les heures d'encadrement de la journée. Leur conversion en effectif suit notre méthode de calcul des ETP d'une crèche.
Étape 2 : traduire le besoin en postes d'ouverture, de milieu et de fermeture par section
Dessiner les postes à partir de la courbe de besoin
Un poste, c'est un horaire type, une section et une pause. La courbe de besoin monte jusqu'à 9 h 30, reste plate, puis redescend après 16 h 30. Chaque marche montante appelle une prise de poste. Chaque marche descendante autorise une fin de poste.
Le nombre de postes se décide aux extrémités. Dans l'exemple plus bas, il faut cinq professionnelles à 9 h et encore cinq à 16 h 30. Avec des postes de 7 h 30 de présence, ce ne peuvent pas être les mêmes. Il faut donc 10 postes, quand le cœur de journée n'en demande que 6.
Placer les pauses dans les postes, pas à côté
Inscrivez la pause dans chaque poste, avec son horaire. Placez-la pendant la sieste, quand l'effectif dépasse le besoin. Une règle suffit : à chaque créneau, les pauses simultanées ne dépassent pas le surplus de la section. Un enfant qui dort reste accueilli : il compte dans le taux.
Étape 3 : affecter les professionnelles selon qualification, contrat et préférences
L'ordre d'affectation qui évite les impasses
- Les ouvertures et les fermetures d'abord, avec une catégorie 1 dans chaque binôme au-delà de 24 places.
- Les contrats ensuite : un temps partiel à 28 heures prend quatre postes de 7 heures.
- Le repos : évitez une fermeture à 18 h 30 suivie d'une ouverture à 7 h 30. C'est légal, mais usant.
- Les sections : gardez chaque professionnelle dans la sienne.
- Les préférences en dernier : jours souhaités, horaires, échanges entre collègues.
Équité des roulements : compter les ouvertures et les fermetures
Tenez un compteur par personne : ouvertures, fermetures, vendredis soir. Une semaine n'est jamais parfaitement équilibrée, un cycle de quatre semaines peut l'être. Affichez ce compteur : il rend les arbitrages visibles et limite les demandes d'échange.
Étape 4 : vérifier le taux d'encadrement et la catégorie 1 à chaque créneau
Le contrôle créneau par créneau, pauses déduites
Pour chaque créneau, comptez les professionnelles réellement auprès des enfants. Retirez les pauses, les réunions, les formations et le temps de direction. Comparez au besoin de l'étape 1. Tout écart négatif se corrige avant publication, en décalant une prise de poste ou une pause. Refaites ce contrôle à chaque absence ou échange : une correction locale peut ouvrir un trou ailleurs.

La catégorie 1 : présence à chaque instant et seuil d'ETP
Deux contrôles coexistent. Le premier est instantané : au-delà de 24 places, une catégorie 1 est présente à chaque créneau, pauses comprises. Le second porte sur l'effectif du mois.
Jusqu'au 31 décembre 2026, la catégorie 1 représente au moins 40 % de l'effectif mensuel de référence. Dès 2027, il faut 0,1 ETP de catégorie 1 par place, soit 4 ETP pour 40 places. Le détail figure dans notre article sur le décret 2026 sur les professionnels qualifiés en crèche.
Vous refaites ces contrôles à la main après chaque absence ? Montrez-nous le planning d'une de vos crèches en démo : nous affichons les mêmes créneaux, pauses déduites, avec les écarts calculés.
Exemple de planning du personnel pour une crèche de 40 places
Prenons une crèche fictive de 40 places, ouverte de 7 h 30 à 18 h 30. Elle applique la règle 1 pour 5 et 1 pour 8. Elle compte trois sections : bébés (10 places), moyens (15) et grands (15). Ce mardi, 38 enfants sont attendus : 10 bébés qui ne marchent pas et 28 marcheurs.
Avant 9 h 30 et après 16 h 30, les enfants sont en salle commune : on calcule sur l'ensemble. Entre les deux, chaque section a son effectif. Chaque poste dure 7 h 30 de présence, dont 30 minutes de pause, soit 7 heures de travail.
La journée : besoin, présences et écart par créneau
| Créneau | Enfants (bébés + marcheurs) | Calcul | Requises | Présentes | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| 7 h 30 | 4 (1 + 3) | 0,575 → minimum | 2 | 2 | 0 |
| 8 h | 11 (3 + 8) | 0,6 + 1 = 1,6 | 2 | 2 | 0 |
| 8 h 30 | 20 (5 + 15) | 1 + 1,875 = 2,875 | 3 | 3 | 0 |
| 9 h | 30 (8 + 22) | 1,6 + 2,75 = 4,35 | 5 | 5 | 0 |
| 9 h 30 – 11 h | 38 (10 + 28) | 2 par section | 6 | 6 à 8 | 0 à +2 |
| 11 h – 12 h 30 | 38 | 2 par section | 6 | 10 | +4 |
| 12 h 30 – 15 h | 38 | 2 par section | 6 | 8 (2 en pause) | +2 |
| 15 h – 16 h | 38 | 2 par section | 6 | 8 | +2 |
| 16 h | 38 | 2 par section | 6 | 7 | +1 |
| 16 h 30 | 30 (8 + 22) | 1,6 + 2,75 = 4,35 | 5 | 5 | 0 |
| 17 h | 22 (6 + 16) | 1,2 + 2 = 3,2 | 4 | 4 | 0 |
| 17 h 30 | 13 (3 + 10) | 0,6 + 1,25 = 1,85 | 2 | 3 | +1 |
| 18 h | 6 (2 + 4) | 0,9 → minimum | 2 | 2 | 0 |
Aucun créneau n'est sous le taux. Les 10 postes font 70 heures de travail, pauses exclues, pour un besoin strict de 54,5 heures. L'écart de 15,5 heures se concentre entre 10 h et 16 h. Il permet les pauses deux par deux pendant la sieste, puis les repas et les transmissions. La forme de la courbe l'impose : ce n'est pas un excès de personnel.
Les postes types de la journée
| Poste | Présence | Pause | Par jour |
|---|---|---|---|
| O (ouverture) | 7 h 30 – 15 h | 12 h 30 | 2 |
| J1 (journée) | 8 h 30 – 16 h | 13 h | 1 |
| J2 (journée) | 9 h – 16 h 30 | 13 h ou 13 h 30 | 2 |
| J3 (journée) | 9 h 30 – 17 h | 13 h 30 | 1 |
| S1 (soir) | 10 h – 17 h 30 | 14 h | 1 |
| S2 (soir) | 10 h 30 – 18 h | 14 h | 1 |
| F (fermeture) | 11 h – 18 h 30 | 14 h 30 | 2 |
Chaque pause dure 30 minutes. Les bébés tiennent quatre postes par jour : O, J2, S2 et F. Les moyens et les grands en tiennent trois. Un jour sur deux, ces deux sections échangent leurs horaires (O, J3, S1 contre J1, J2, F). Ainsi, chaque équipe ouvre et ferme dans la semaine.
La semaine : 11 professionnelles, 50 postes, 10 ETP
| Professionnelle | Section, diplôme, contrat | Lun | Mar | Mer | Jeu | Ven | Heures |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Inès | Bébés, AP, 35 h | F | S2 | O | J2 | O | 35 |
| Nadia | Bébés, AP, 35 h | J2 | F | S2 | O | F | 35 |
| Marie | Bébés, CAP AEPE, 35 h | O | J2 | F | S2 | J2 | 35 |
| Lucie | Bébés, CAP AEPE, 35 h | S2 | O | J2 | F | S2 | 35 |
| Julie | Moyens, AP, 35 h | O | J2 | J3 | F | S1 | 35 |
| Emma | Moyens, CAP AEPE, 35 h | J3 | F | S1 | J1 | J3 | 35 |
| Sarah | Moyens, AP, 28 h | S1 | J1 | – | J2 | O | 28 |
| Camille | Grands, EJE, 35 h | J1 | O | F | J3 | J2 | 35 |
| Chloé | Grands, CAP AEPE, 35 h | F | J3 | J1 | S1 | J1 | 35 |
| Léna | Grands, CAP AEPE, 28 h | J2 | – | J2 | O | F | 28 |
| Zoé | Moyens/grands, CAP AEPE, 14 h | – | S1 | O | – | – | 14 |
Les contrôles de la semaine :
- chaque binôme d'ouverture et de fermeture compte une catégorie 1 (AP ou EJE) ;
- chaque contrat tombe juste : 35, 28 ou 14 heures ;
- le repos le plus court entre deux journées est de 13 h 30, au-dessus des 11 heures légales ;
- la catégorie 1 pèse 4,8 ETP sur 10, au-dessus des 4 ETP exigés dès 2027 ;
- Inès ouvre deux fois, Emma et Chloé jamais : le cycle de quatre semaines rééquilibre.
La direction n'apparaît pas ici. Dans une grande crèche de 40 à 59 places, elle dispose d'un ETP minimum. Ce temps ne compte pas dans l'encadrement.
Modèle de planning crèche sur Excel : structure recommandée et limites
Les quatre onglets d'un modèle de planning crèche
- Besoins. Une ligne par créneau, une colonne par section, les enfants qui marchent ou non, la formule des requises.
- Postes. Le catalogue des horaires types : code, début, fin, pause, section.
- Affectations. Une ligne par professionnelle, une colonne par jour, un code de poste par cellule.
- Contrôles. Présentes par créneau, écart au besoin, heures face au contrat, repos et compteur d'ouvertures.
Deux formules font l'essentiel. Pour compter les présentes à l'heure de la cellule A2, avec des plages nommées : =SOMMEPROD((Debut<=A2)*(Fin>A2))-SOMMEPROD((DebutPause<=A2)*(FinPause>A2)). Pour le repos, en heures décimales : =SI(24-FinVeille+DebutJour<11;"Repos insuffisant";"").
Ce que le modèle Excel ne fait pas
Le tableur pose le calcul, mais il ne réagit pas. Il ne recalcule rien quand une absence tombe à 7 h. Il ne propose aucune remplaçante qualifiée et disponible. La catégorie 1 par créneau exige des formules fragiles. Et le planning envoyé par message n'est vite plus celui du fichier.
Pour une crèche aux effectifs stables, il suffit. Au-delà de quelques changements par semaine, ou de plusieurs crèches, il devient le goulot de la directrice.
Comment Maglia génère et publie le planning de crèche
Maglia part des plannings enfants pour calculer le besoin par section et par créneau, jusqu'au quart d'heure. Le taux d'encadrement et la part de catégorie 1 sont vérifiés, et chaque écart est signalé avant l'ouverture. Chaque journée est historisée pour justifier l'encadrement lors d'un contrôle.
La planification intelligente génère ensuite le planning. Elle respecte contrats, temps partiels, disponibilités et préférences, et répartit les qualifications par section. La directrice ajuste puis publie. Chaque professionnelle reçoit son planning sur mobile, avec une notification à chaque changement.
En cas d'absence, Maglia propose une remplaçante qualifiée et disponible, y compris dans une crèche voisine. Elle accepte ou refuse depuis son téléphone. Le détail est présenté sur notre page logiciel de planning pour les crèches.

Questions fréquentes
Comment faire un planning de crèche ?
Partez des présences des enfants et calculez, créneau par créneau, les professionnelles requises par section. Traduisez ce besoin en postes d'ouverture, de milieu et de fermeture, avec leurs pauses. Affectez les professionnelles selon leur qualification, leur contrat et leurs préférences. Vérifiez enfin le taux et la catégorie 1 à chaque créneau, avant de publier.
Combien de professionnelles faut-il pour une crèche de 40 places ?
Cela dépend des présences, de la règle d'encadrement et des horaires. Dans notre exemple, 38 enfants demandent 6 professionnelles en cœur de journée. Les arrivées et les départs imposent pourtant 10 postes de 7 heures par jour. Cela fait 10 ETP auprès des enfants, direction en plus.
Quels sont les horaires de travail en crèche ?
Une crèche ouverte de 7 h 30 à 18 h 30 combine des postes d'ouverture, de milieu et de fermeture. Un temps plein sur cinq jours travaille environ 7 heures par jour, hors pause. La loi impose 11 heures de repos quotidien et 20 minutes de pause dès 6 heures de travail.
Comment organiser les pauses en crèche sans casser le taux d'encadrement ?
Placez les pauses pendant la sieste, quand le planning compte le plus de professionnelles. À chaque créneau, les pauses simultanées ne dépassent pas le surplus de la section. Un enfant qui dort reste accueilli : il compte dans le taux.
Une professionnelle peut-elle faire l'ouverture et la fermeture le même jour ?
De 7 h 30 à 18 h 30, cela fait 11 heures de présence. Même avec 30 minutes de pause, on dépasse les 10 heures de travail effectif autorisées par jour, sauf dérogation. Organisez plutôt deux équipes, l'une d'ouverture, l'autre de fermeture.
Un planning de crèche se construit en quatre étapes, mais il se refait à chaque absence. Réservez une démo de Maglia avec le planning enfants d'une semaine. Nous construisons avec vous le planning du personnel, créneau par créneau.

Horaires de travail en crèche : amplitude, pauses et roulements équitables de 7 h à 19 h

Convention collective ALISFA en crèche : temps de travail, pauses et planning conformes
